Natural Surf Lodge

Aujourd’hui, à la croisée de mes projets professionnels, de mes rêves, et du tournant que prend ma vie, j’ai repensé à toi.

Le Natural Surf Lodge ça fait 10 ans que j’y ai mis les pieds pour la première fois. 10 ans, c’était la première. On a inauguré ce lieu qui, on le savait, par sa magie fonctionnerait à merveille.

Ma première colo, mon premier surfcamp : 8 ados à la découverte du monde du surf.Mon premier quotidien en communauté, mes premiers pas dans Les Landes, ma première histoire d’amour, mes premiers pas dans l’environnement et le monde vert, mon premier Jack Johnson.

Je me souviens encore de chaque détail de cette aventure, et de l’herbe fraiche de l’airial sous mes pieds.

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De ce premier jour, où mes parents m’ont lâché, peu confiants au milieu des Landes, avec ces champs de maïs, cette vieille ferme rénovée avec du goût, ces hectares de bonheur.
 
Il est synonyme de toutes ces premières fois : les déjeuners entre lodgeurs, les amitiés liées dans les vagues, les pas salés, les coups de soleil, les rires aux éclats, et toute cette jeunesse qui bat.
 
Je me souviens de la douceur de Claire, de son côté maternelle, de son regard bleu, et de ses conseils incroyables pour apprendre l’océan tout en soutenant notre insouciance. Je n’ai pas non plus oublié le charismatique Stéphane, qui nous a fait peur avec sa voix grave pour répondre à nos bêtises puérils, de ses farces pour nous faire courir derrière le van quand on avait une panne de réveil, et de tout les copains dans le van, à éviter les planches qui se baladaient dans cette première carcasse blanche. Aujourd’hui, même les vans sont devenus des références en écologie. On a rit si fort sur cette route légendaire, où papi Jean nous montrait ses talents de pilotes.

Mes jambes se souviennent encore de cette dune, qui chaque matin, révélait la beauté pure de nos Landes : les levers de soleil sur la Plage des Casernes, sa nature, son sauvage et son abandon. Le mien surtout.
Je crois que j’ai toujours aimé davantage l’univers du surf que le surf lui même. L’océan et le sel dans mes cheveux a toujours été moteur de ma confiance et de mon apaisement.

Il y avait ses millions d’étoiles, qui années après années étaient observés depuis la terrasse, la cabane dans les arbres puis le délire du bowl de skate, construit par l’ingéniosité de Stéphane.

Mathilde a rejoint l’équipe. Elle a ajouté de la poudre magique à la famille de créateurs de rêves. Les garçons ont grandi, j’entend encore Justin qui nous dit, du haut de ses 4 ans, « moi j’aime pas l’surf » et je le vois aujourd’hui dans les magazines, en haut de la vague, à nous éclabousser de figures qu’il ne se lassera pas de nous régaler.
Le lodge a pris mon coeur, mes souvenirs, m’a longtemps encombré. Il est magique, il est une expérience qui vous donne une direction.

Loin d’une aventure d’été, il m’a enseigné des principes qui aujourd’hui m’ont parfaitement dessiné. L’amour de la nature, du calme, du respect de notre environnement, de la conscience de nos actions, d’une vision de toutes les solutions. Il m’a appris le tri sélectif, il m’a marqué pour son économie d’eau, par ses premières toilettes sèches et la tête du copain désigné pour changer le seau. Il m’a rendu autonome.

Il m’a d’abord mener vers des études artistiques, avec le rêve d’un jour rénové une grange landaise. Il m’a soufflé mes premiers pas de yoga, a appuyé mon amour de la photographie et mon sens de l’initiative. « N’essaye pas, fais le ». Il m’a appris la vie en groupe, le travail volontaire et qu’aucun rêve n’est trop grand à force de travail.

surfcamp

 
Il est le souvenir d’une gamine de 13 ans qui gambade le coeur léger, le vent en poupe, les jambes déliers. Il est le souvenir du bonheur, de l’amitié, des valeurs, de mon enfance, de quelques souffrances.
Le Natural Surf Lodge est là chaque jour en pensée, il m’a formé. J’ai appris tellement, sans même une seule fois y penser.
Il est une école de la vie, un enseignement humain qui vous révelera bien plus que le blond de votre chevelure.

Depuis mes 13 ans, mon seul but a été de revenir à cet endroit, et d’un jour être apte de travailler avec des valeurs aussi grandes, aussi humbles, et avec autant de coeur que leurs deux propriétaires. Y remettre les pieds étaient toujours une manière de revenir à moi, à ce que voulait cette pré adolescente.

Merci d’avoir donné ce souffle à ma vie, merci d’avoir été une partie de cette chaîne qui fait de ma vie ce qu’elle est aujourd’hui, de mes rêves une réalité, et d’avoir comme priorité l’impact humain de mes projets.

Je ferme les yeux sur ces images, qui ne sont pas même égalées par les paysages costaricains. Il y a encore l’odeur, le rire de Jeanne mêlé aux miens, le coeur qui se gonfle d’amour, la voix de Tim sur la guitare, le sable froid sous les pieds du barbecue de fin d’été, et la boule au ventre sur l’A63, les larmes qui roulent sur le visage de l’enfant qui inconsciemment apprend, que tout à une fin.

Natural Surf Lodge, j’ai 24 ans, des rêves en poupes, des envies d’améliorer ce qui m’entoure, de rire en grand, d’accueillir les gens, de partager, de mêler le surf, l’environnement, le tourisme responsable, l’humain, et tout mon moi dans mes projets professionnels. Je suis arrivée en enfant effaré, aujourd’hui je vis sur le continent américain au pays de la Pura Vida. Mon rêve serait de faire un partenaire un jour avec toi, l’enfant a grandi, et te dit un merci encore plus grand.

Happy ten years, Claire, Stéphane, Mathilde, Pierre, Jeanne, Tim, Clément, et à toi, petite Camille. Tout mon amour.

 

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7 réflexions sur “Natural Surf Lodge

  1. BECRET Claire dit :

    Ma chère Camille,
    quelle belle journée pour lire ton article, il est magnifique. Il fait 2 degrés et un soleil resplendissant en ce 2 décembre, il a gelé sur l’airial et l’océan fume et nous offre des petites vagues parfaites d’un mètre à la série. Stéphane est déjà parti, au levé du jour, tu penses, il est toujours aussi motivé par une des plus belles expressions de la perfection de la Nature, la vague, malgré le froid, le corps qui tiraille toujours un peu plus au fil des années c’est pour ça que je l’aime toujours aussi fort, que je l’admire et qu’il me ravit de son humour ravageur et m’anime de cette fougue de jeune surfeur avide de vagues, d’espace et de liberté… Voilà ce que me fait ton article, il m’inspire une déclaration d’amour pour mon homme mais pas seulement. Mon coeur déborde d’amour à la lecture de ton article qui m’a bouleversée.
    Je te remercie, du fond du coeur car tu me connais, ces élans d’amour et de partage me font vibrer et pleurer de joie, d’émotion. Merci Camille, merci à toi d’avoir pris le temps de cette rétrospective qui m’émeut au plus haut point et ce n’est pas fini, que c’est bon ces émotions, j’ai envie de t’avoir en face de moi, de te serrer dans mes bras, de savoir qu’elle est ta vie depuis la dernière fois qu’on s’est croisées, j’ai revu Pierre cet été, pas de news de Clément ni de Jeanne mais toi, je te sens heureuse car tu ne pourrais pas écrire comme ça si tu ne l’étais pas. C’est formidable, quel beau cadeau de Noël, tu ne peux pas savoir, il est exceptionnel et tellement inattendu, c’est le top les surprises, ça manque tellement de nos jours l’effet de surprise. Je suis juste un peu frustrée car je ne sais pas comment t’envoyer cette réponse et toute ma gratitude, et du coup prendre aussi des nouvelles car tu as piqué ma curiosité… Où es tu au Costa ? Presqu’ile de Nicoya ? Pavones ? ou alors plus au nord vers Playa Negra ? Où que tu sois prends soin de toi, ne change rien, c’est vraiment un très beau cadeau que tu nous fait et à moi en particulier car je crois que les dimensions de transmission, d’amour et de gratitude sont essentielles dans l’aventure du Natural Surf Lodge, merci encore de lui donner par ces mots, cet élan du coeur une complétude, c’est comme si la boucle était bouclée, que l’énergie pouvait circuler sans fin et alimenter un tourbillon ascendant de bonheur qui se propagerait en ondes bienfaisantes… voilà on y revient, au coeur du poulet, l’eau, la vague… je divague… Je viens de terminer un livre pas commun sur les messages cachés de l’eau, c’est un japonais qui fait des études sur la cristallisation de l’eau en fonction des pensées qu’on lui attribut, bref. Si tu peux m’envoyer ton email à claire@naturalsurflodge.com je suis un peu vieille France, c’est Stéphane qui s’occupe du FB. Je t’embrasse fort.
    Claire

    Aimé par 1 personne

  2. Van hecke dit :

    C’est magique de vous lire. Quel plaisir! Beaucoup d’émotions! Et toute cette vérité si bien écrite par Camille ( que je ne connais pas) sur cette merveilleuse famille!

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  3. Eva Lackerbauer dit :

    Chère Camille,

    on ne se connait pas mais en même temps on se connait très bien, parce que moi aussi j’ai passé une semaine inoubliable au Lodge qui a forcement changé qui je suis et mon rapport avec l’océan et la nature. J’ai les mêmes souvenirs que toi, les mêmes sentiments quand j’y pense et le même image de Claire qui m’a aussi beaucoup inspiré dans mon parcours de vie. Mes mots ne sont pas aussi jolis que les tiens mais les émotions vers le Lodge sont pareils. Je te remerci, Camille, de m’avoir rappellé de ces sentiments qui j’avais presque oublié et un grand merci à Claire et Stéphane d’avoir construit un univers qui nous inspire.

    à bientôt au lodge
    Eva

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    • made-of-sun dit :

      C’est bête, mais je n’avais jamais pensé, qu’on était si nombreux à avoir le coeur et la tête rempli du lodge. Je suis ravie, d’avoir généré un élan d’amour et de souvenirs, on en a jamais trop.
      Je crois en effet, que sans nous être croisé, on a quelque chose de fort en commun.
      Merci pour ton message, et peut-être à un de ces jours, entre les arbres!

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  4. Clément Dupont dit :

    Merci Camille pour cet instant de bonheur,
    Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas versé de larmes de joie. Ta jolie plume soulève pleins d’émotions..
    Et ton amour est contagieux
    Envers vous/nous les enfants de l’époque. L’unison que nous avons trouvé cette première fois résonne encore. Je n’ai pas cessé de chercher à redevenir ce petit moi depuis.
    Envers toi, Claire, ton sourire éternel et ce calme envers la vie que je commence juste à comprendre.
    Envers toi, Stephane, ton humeur ravageuse (qu’elle soit bonne…ou mauvaise), et tes « étrons coudés, parce que tu comprends, je crois que mon intestin fais un beau virage vers la fin »*.

    Et aussi envers l’océan, pour qui la passion n’a cessé de grandir depuis, s’étendant à toute la nature qui nous entoure.

    Pour moi aussi, poser les pieds (nus, depuis) dans ce paradis a donné une direction toute particulière à la vie, et le regard que je lui porte.
    Depuis la plage, j’ai découvert la dune, la mer, puis la foret, des forets aux montagnes, de la plage aux îles, tout cet environnement a pris sens, et le protéger est devenu un moteur. Le moteur. J’ai étudié l’agriculture, puis l’environnement littoral, j’ai passé un an à Brest où cette proximité à l’océan a fait passer la pluie pour du beau temps, puis quelques mois en Irlande après un détour au Pays-Bas (où j’ai compris pourquoi notre côte les attirait si puissamment..). Aujourd’hui, je vis entre Bordeaux, Brest et Nice (oui oui,Nice.. en fait, gardez ça pour vous, mais y’a vraiment des vagues là-bas !!!!), j’ai trouvé du travail dans un bureau d’étude qui travaille sur les politiques maritimes, où j’en apprend tout les jours sur notre relation à la mer et comment l’améliorer (energies renouvelables, Aires Marines Protégées, pêche, etc.). Beaucoup d’ordinateur, mais pas de bureau, je suis chez moi partout où la wifi est disponible, pour le moment, c’est ce qu’il me faut :). Petit à petit, ce rêve de gosse prend forme.

    Ce lieu, et tout les êtres vivants qui y gravitent, m’a touché un point tel que pendant des années, je n’ai pas été capable d’y revenir, de peur de ne pas résister au contraste entre mon monde et celui-ci. De ne pas être à la hauteur des modèles. Comme si on me montrait en photo l’arrivé d’un marathon alors qu’il me reste encore 30 bornes à taper. Parce que c’est ça que vous avez distillé en moi, un objectif bien plus fort que tous les autres. Dès lors, à moi de construire un monde comme le votre. Ce jour là, je serai en paix pour venir les relier.
    Je dois vous avouer,
    J’ai hate ..

    🙂

    A tout hasard, on ne s’était pas donné rendez-vous dans 10 ans ?

    Clément

    *In. S. Becret, 2006

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